Conseils santé

Ibuprofène et infections hivernales : les précautions à connaître

Dr Soumeya Dahmani · Pharmacie de Oinville
Conseil en pharmacie autour d’une notice, d’un thermomètre et d’un verre d’eau, sans marque visible.

Quand la fièvre, le mal de gorge, la toux ou les courbatures apparaissent, l’ibuprofène peut sembler être une solution familière. Pourtant, l’ibuprofène et les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens, appelés AINS, ne sont pas des médicaments anodins. L’Assurance Maladie rappelle qu’en présence d’une infection, leur utilisation — notamment celle de l’ibuprofène et du kétoprofène — doit être évitée en raison du risque de complications infectieuses graves.

Les AINS diminuent la douleur, la fièvre et l’inflammation. Cet effet peut aussi masquer certains signes d’une infection et retarder la mise en place d’un traitement adapté. Une amélioration temporaire ne signifie donc pas nécessairement que l’infection est en train de guérir. Si un AINS est déjà pris et que les symptômes persistent, s’aggravent ou qu’un nouveau trouble apparaît, il faut demander rapidement un avis médical.

Avant toute automédication, il est important de lire la notice et de demander conseil à un médecin ou à un pharmacien. Certaines situations imposent des précautions particulières ou une contre-indication : grossesse, âge avancé, antécédent d’ulcère ou de saignement digestif, maladie rénale, hépatique ou cardiaque, asthme déclenché par un AINS, traitement anticoagulant, ou encore varicelle. Cette liste n’est pas exhaustive et la vérification des traitements en cours permet aussi d’éviter des interactions.

Quelques règles contribuent à réduire les risques : ne jamais associer plusieurs AINS entre eux, ni ajouter de l’aspirine sans avis professionnel ; utiliser, lorsqu’un AINS est indiqué, la dose minimale efficace pendant la durée la plus courte possible ; respecter l’intervalle entre les prises ; et ne pas réutiliser pour une nouvelle maladie un médicament précédemment prescrit. La présence d’un AINS dans un gel ou une crème doit également être prise en compte.

En cas d’infection, l’Assurance Maladie indique que le paracétamol est à privilégier contre la fièvre ou la douleur, à condition qu’il n’existe pas de contre-indication et que les doses maximales soient strictement respectées. Il ne faut toutefois pas remplacer un médicament par un autre au hasard. Fièvre mal tolérée, difficulté à respirer, altération importante de l’état général, douleur inhabituelle ou aggravation rapide nécessitent un avis médical. En période d’infections hivernales, le bon réflexe reste de décrire ses symptômes et ses traitements avant de choisir un médicament.